Aviateurs alliés rassemblés en camps de Comète


N° 317
Section D
IndividuNom/Matricule : Stanley James MOORE /1387099
Naissance/Décès :
Adresse : 237 Leytonstone Road, London
Unité : RAF Bomber Command 7 Squadron
Grade : Sgt RCAF
Fonction : navigateur
Zone d'atterrissage : Près de Venlo, Pays-Bas
AvionType : Short Stirling Mk. I
N° série : BK760
Immatriculation/Nom : MG-X
Abattu : la nuit du 10 au 11 avril 1943 par Hptm Walter EHLE II./NJG1 lors d'une mission sur Francfort
Localisation : écrasé à 03h45 à Tongerlo, 5km ESE de Bree, Limbourg belge
Short Stirling
Action de ComèteRéception :
Interrogatoire :
Hébergeurs : SALLE, COLLIN, HENRI de BIZIEN
Guides nationaux : BEMELMANS, LUCAS, COLLIN, RADELET
Guide international :
Durée : 5 semaines
Camps : Passé en Espagne le 20 mai 1943
Informations complémentaires : SPG 1253 TNA file WO 208/5582 (Appendice C).
L'appareil a décollé à 23hr31 de Oakington le 10 avril. Un monument aux aviateurs se trouve près du Keyartsmolen, Keyartstraat, Tongerlo. Les tués sont enterrés au Heverlee War Cemetery : Sqn/Ldr H.W.A. Chesterman AFC, le Sgt Ernest Tolson, le Sgt Leslie Ellis, le Sgt Bernard S.G. Bugg et le Sgt William "Wally" Moore.
Donald Ferguson (fiche D316) et le navigateur Stanley Moore peuvent s'échapper et rejoindre l'Angleterre.
Une fois atterri, Moore est amené par Jacques BREULS alias "Willem", le beau-frère de Gertrude MOORS, de Neeroeteren. Le 11 avril, Moore est conduit à une seconde maison au 22 Groenstraat Kloesheuvel à Tongerloo. Il y est aidé par Ada Tita (ou Maria Joséphine) BEMELMANS, l'épouse du docteur Michel GROENEN. Ferguson l'y rejoint le lendemain. Mme GROENEN porte le pseudo de "Bluebird" et est née à Ceylan (en août 1906) de parents planteurs britanniques. Elle le cache d'abord dans le jardin et lui donne de la nourriture et des vêtements civils. Dans l'après-midi, elle le guide avec un homme (Albert GIELEN ou Jacques BREULS) à Maaseik chez Mme SALLE née COOLEN, où il passe la nuit du 11 au 12. Le 12 après-midi, il est conduit dans une autre ferme à la périphérie de Maaseik.
A 19 heures, une femme de Hasselt le prend en taxi jusqu'à la gare et le conduit en train à Hasselt, où ils arrivent vers 22 heures. Cette femme le conduit chez un droguiste au 11 Diesterstraat Hasselt où il est photographié : Henri COLLARIS. Elle le conduit alors chez elle (il s'agit de Clémentine LUCAS, épouse de Lucien COLLIN, au 41 Rue du Démer à Hasselt) et un homme d'environ 55 ans vient le voir (Lambert SPANOGHE). Cet homme parle assez bien anglais et lui explique qu'il est le chef local de l'organisation "Fernando". Il lui demande ses plaquettes d'identité et son kit d'évasion (qu'il a perdu). Il lui prend aussi son enveloppe de secours et lui pose un tas de questions inscrites sur une espèce de formulaire. C'est le Form E, que Moore remplit et signe. SPANOGHE lui montre aussi la photo du Fl/Lt RCAF Murphy abattu lle 03 avril, mais dont il ne sait rien.
La nuit du 12 au 13 avril, il loge chez les Collin.
Le 13 au matin, il reçoit un costume "sport" gris complet. Lucien COLLIN vient le prendre vers midi. Il parle un peu l'anglais. Ils vont en train à Louvain, puis à Bruxelles. Simone LAMQUIN fait ce voyage pour connaître l'itinéraire. Il est remis à "Fernando" dans un café de la capitale. Fernando RADELET lui donne l'impression d'être le patron de la ligne à Bruxelles, mais ne peut parler anglais. RADELET l'emmène chez Mme Isabelle ANSPACH veuve PAULI au 30 Rue de Naples à Ixelles. Elle a environ 55 ans (née en 1886) et parle très bien l'anglais, tout comme sa fille Dominique qui travaille à la Banque Nationale avec José Cracco.
Ferguson le rejoint chez Isabelle PAULI le 14 avril vers 17 heures. Ils sont ses deux premiers aviateurs hébergés.
Chez Isabelle PAULI, ils reçoivent des vêtements supplémentaires. Fernando RADELET leur rend visite et leur explique qu'il a environ soixante évadés dans sa ligne.
Le 29 à 23h20, Fernando et une femme (Hortense WEETS, épouse de Charles DELLOYE) les prennent en charge jusqu'à la gare du Nord avec le Fl/Lt Murphy (fiche C133), le Sgt Cowe (fiche C143) et deux Polonais. Il s'agit de Marian Majewski (Offlag IIB) et Jan Zalass (Offlag VIIB), deux officiers Polonais évadés d'Allemagne. Ils montent à bord du train pour Paris et arrivent à la frontière à Quiévrain, entre Mons et Valenciennes. Tout le monde doit descendre et se faire interroger par un Allemand et des gendarmes (douaniers ?) belges et français. L'officier allemand pose parfois des questions et ne semble pas satisfait, mettant des personnes à l'écart. RADELET explique que ces personnes seront renvoyées en Belgique. Les deux Polonais sont mis à l'écart avec eux. Une fois le tri effectué, et pendant que l'Allemand s'adresse au groupe de mécontents, RADELET s'éclipse avec les quatre aviateurs britanniques, passe devant quelques gardes SS et remonte dans le train. Le train part à 02 heures. Hortense WEETS ramènera les deux Polonais à Bruxelles. Ils seront évacués plus tard et viendront témoigner à la libération en 1944.
Le train s'arrête à Valenciennes et la locomotive doit être réparée. Ils arrivent à Paris à 08 heures. Une femme et deux hommes les y attendent. Ils sortent séparément de la gare du Nord et se retrouvent à un café. Fernando les remet à "Monsieur Paul" (Frédérique DE JONGH).
Ils sont conduits chez Mlle Marie HENRI de BIZIEN (B046), alias "Marquise" et "Leslie" au 16 Avenue du Colonel Bonnet à Paris XVIe. Son père est un amiral français. Elle leur dit plus tard qu'elle n'est pas du réseau de Frédéric DE JONGH. Elle fait effectivement partie de la ligne Chauny. Ils y restent jusqu'au 07 mai, mais prennent la majeure partie de leurs repas chez Henriette BENECH (B045) au 7 Rue Alfred Bruneau, au coin de la rue. Murphy et le Sgt inconnu (Cowe) sont emmenés dans une autre maison.
Le 07 mai, On les conduit chez Mme MEHUDIN née Marguerite MALPART au 41 Avenue Paul Doumer à Paris XVIe. Maurice MEHUDIN a environ 40 ans (né le 19 Sep 1904) et possède une imprimerie. Son épouse fait environ 26 ans (née le 05 août 1907). Originaire de Calais, sa belle sœur est une infirmière anglaise de la Croix-Rouge et habite à Duniston, Barham, Canterbury : Mrs Goodache. Ils sont les premiers aviateurs qu'ils hébergent. Le 15 mai, DE JONGH leur remet leurs cartes d'identité, et 1.000 FF et 250 Pesetas à chacun des deux. Ce même jour, il les prend dans un parc près de l'université et leur présente un lieutenant de l'Armée de l'Air française appellé LABRETTE. En fait, son vrai nom est GEUGEN et son matricule "537" et cet homme est à Gibraltar le 22 juin. Ils rencontrent aussi un autre Français "LEFORT" dont ils pensent que le vrai nom est DEGOUTTE.
Ce 15 mai, à 19h20, ils prennent un train pour Toulouse. Ils arrivent à Vierzon à 23 heures. Deux officiers allemands montent dans le train et des soldats fouillent. Leur ayant demandé leurs papiers et les ayant étudiés attentivement, il fait remarquer que leur adresse n'y est pas indiquée et qu'ils doivent aller en queue du train. Il conserve leurs cartes. Ferguson et Moore descendent du côté opposé au quai et remontent au bout du train, loin de la zone des fouilles. Environ une demi-heure plus tard, les hauts-parleurs de la gare annoncent que "Robert Garray" (Ferguson) et "Jacques Maure" (Moore) doivent se présenter immédiatement au bureau allemand de contrôle. Ils ne bougent pas. L'appel est répété au bout de 15 minutes. Le guide leur dit qu'ils devraient quitter le train et n'y remonter que quand il démarrera. Ils vont se cacher dans une cabane à outils le long de la voie. Le train ne part pas. Ils apprennent plus tard que les Allemands ont refouillé le train deux fois, jusqu'en dessous des banquettes. Au départ de la locomotive, ils se ruent (le cheminot les voit et ralentit sa machine) et remontent, puis vont dans leur compartiment sans aucun commentaire.
Le 16 à 08 heures, ils arrivent à Toulouse. Il n'y a pas de contrôle à la gare. Ils prennent un petit déjeuner au buffet pendant que leur guide achète des tickets pour Pau. A 10h20, ils grimpent dans ce train vers Pau. Le guide leur explique qu'il y aura un contrôle français qu'il faudra éviter, puisqu'ils n'ont plus de papiers. Vers 14 heures, des officiels descendent sur le quai à Tarbes. Ils arrivent à Pau vers 15 heures, où ils rencontrent un autre guide du réseau. Il avait arrangé d'aller avec eux jusque Oloron, mais il fallait changer d'idée suite à l'absence de papiers. Ils restent alors dans une auberge de Pau jusqu'au 18 mai.
A 15 heures, les deux guides français et nos deux évadés sont pris par un camion allemand de ravitaillement. Le chauffeur est un Espagnol et est accompagné par deux Allemands, dont un est à l'avant et l'autre à l'arrière avec eux. Le chauffeur leur explique qu'ils sont des connaissances qui ont demandé un lift jusque Oloron. A l'approche du contrôle par la police française, ils passent sans s'arrêter. Ils arrivent à Oloron vers 16 heures et demi, vont boire un peu de vin avec le chauffeur et les deux soldats allemands, puis se rendent au rendez-vous dans un restaurant.
Un guide Espagnol (Basque ?) amputé d'un bras vient les prendre et les conduit chez lui. L'homme de Pau revient avec un autre guide et ils doivent acheter une paire d'espadrilles à semelle de cordes pour 130 FF. A 23 heures, ils se mettent en marche vers le Sud et traversent Sainte-Engrâce, qui est à une cinquantaine de kilomètres d'Oloron. Vers 09 heures, le guide les abandonne à 200 mètres de la frontière espagnole.
Loin d'être sûrs d'en être si proche, ils demendent à leurs compagnons français de s'adresser à la prochaine maison, mais ils répondent que c'est trop risqué. Moore va alors demander à une ferme et on lui répond qu'ils sont à 8 Km de l'Espagne. Ils reçoivent de la nourriture à une autre ferme. Les Français prennent peur et veulent retourner à Oloron, mais Moore et Ferguson disent qu'ils vont essayer la traversée de leur côté. Un autre fermier les nourrit et les autorise à dormir dans sa ferme.
Ce 19 mai à 23 heures, ce fermier leur dit qu'il connaît un passeur qui demande 25.000 FF. Comme ils n'ont que 3.000 FF et 1.000 Pesetas ... le guide accepte cette somme et la montre-bracelet de Moore. Il vient avec un camarade et partent à minuit. Moore avait cogné sa cheville et avait du mal à marcher. Le 20 vers 06 heures, ils passent en Espagne près du Pic de Lakhoura, passant vraisemblablement par les gorges d'Ujarre. Moore va dans une hutte et confirme qu'ils sont en Espagne. Pendant qu'ils se lavent, des Guardia Civile les arrêtent. Les Français traduisent et ils avouent être des aviateurs. A 16 heures, ils sont conduits à Isaba et enfermés dans une geôle bien sale. Le lendemain à 15 heures, on les conduit en bus à Pampelune, où ils refusent de répondre aux questions et exigent de voir le consul britannique de Madrid. Ils vont à la prison de Pampelune et apprennent plus tard que la Croix-Rouge américaine reçoit leur lettre adressée à l'ambassade de Madrid et ne fait pas poursuivre.
Le 30 mai, l'attaché militaire américain, le colonel Stephens, apprend leur présence à Pampelune. Le consul britannique est prévénu via le consulat Uruguayen. Le Capitaine Coburn vient les voir le 02 juin. Le 05, ils sont relâchés et vont dans un hôtel à Betelu, où ils rencontrent Michael Cresswell. Le 10, ils vont en voiture à Madrid et y arrivent le 11. Le 17, ils prennent le train pour Gibraltar. Certains compagnons de détention à Pampelune, et qui avaient traversé avant la mi-mai 43 leur ont transmis les informations suivantes : Il n'y a pas de contrôle sur l'express Paris-Bordeaux. Il y a moyen de passer sans difficultés en train de Dax à Berenx, sur la ligne de Orthez. De là, il faut aller à Aïnhoa et prendre la route vers le poste frontière de Dancharia. Juste avant Dancharia, une carrière de pierres se situe à l'Est de la route. En longeant un pic surmonté de trois croix et passant par des bois, on peut se diriger vers la rivière frontalière. Des pierres permettent sa traversée. Sur l'autre rive, en Espagne, une ferme accepte d'aider les évadés. A Aïnhoa, le seul mécanicien du village est Belge, et accepte de passer des fuyards en Espagne pour 3.000 FF par voyage. Le village de Urdax, en Espagne doit être évité, car fréquenté par des soldats allemands en congé.
Stanley Moore est interviewé le 22 juin 1943 par le MI-9.

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