Contexte Historique par Claire Greindl


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Andrée De Jongh

 

 

Arnold Deppé

 

 

Madame De Greef

 

 

Florentino

 

 

Frédéric De Jongh

 

 

Henri Michelli

 

 

Baron Jean Greindl

 

 

Jean-François Nothomb

 

 

Comte Antoine d'Ursel

 

 

Yvon Michiels

 

 

Jules Dricot

 

 

Comte Jacques Le Grelle

 

 

Micheline Dumon

 

 

Gaston Matthys

 

 

Baron Jean de Blommaert

 

 

 

 

La Ligne Comète


                                                                                                Résumé historique succinct écrit par Claire Greindl

 

Mai 1940. Le corps expéditionnaire anglais rembarque à Dunkerque.  Un certain nombre de soldats, blessés ou malchanceux, ne peuvent atteindre le port et restent cachés en Belgique. D’autre part, nombre de jeunes Belges désirent rejoindre l’Angleterre, chose extrêmement difficile sous l’occupation allemande, les déplacements étant très surveillés, voire impossible dans certaines régions, le long de la côte entre autres. Que faire pour aider ces jeunes, les soldats anglais surtout, cachés chez les habitants pour lesquels ils représentent un danger ?  Certains qui ont essayé de s’enfuir se sont fait arrêter et ont échoué dans les camps de Vichy ou sont rentrés bredouilles.

 

Au printemps de 1941, Andrée De Jongh (pseudonyme Dédée) cherche le moyen de les faire passer en Angleterre.  Elle a l’idée de créer une filière à travers la France jusqu’en Espagne. Avec Arnold Deppé qui connaît bien la région Sud-Ouest de la France, elle parvient à organiser des relais jusqu’en Espagne… mais là, les évadés tombent entre les mains de la Guardia Civil espagnole qui les expédie en prison ou dans le camp de Miranda de Ebro.

 

Tous ces efforts pour aboutir en prison ! 

 

Dédée a alors l’idée d’aller trouver le consul d’Angleterre à Bilbao et de lui demander l’aide de ses services pour le rapatriement des hommes depuis l’Espagne jusqu’en Angleterre.  Elle a grand peine à le convaincre ; trois semaines d’efforts seront nécessaires pour obtenir l’aide demandée ; elle l’obtient finalement à condition que les hommes soient anglais et de préférence aviateurs.  Le consul consent à rembourser les frais de voyage de ses compatriotes.


Le Secrétaire Britannique à Madrid, Michaël Creswell, a eu confiance en Andrée De Jongh. Dès lors la Ligne est lancée en août 1941 et ne s’arrêtera de fonctionner qu’à la libération.


Malheureusement, lors de son second voyage comme guide pour la Ligne, Arnold Deppe est arrêté avec les hommes qu’il convoie. C’est lui qui avait découvert à Anglet la famille De Greef réfugiée et installée là-bas.  Madame De Greef (pseudonyme Tante Go) sera, aidée de son mari et de ses enfants, l’étape importante et l’organisatrice de l’activité dans le Sud, activité qu’elle poursuivra jusqu’à la fin de la guerre.  Elle sera très efficacement secondée par certains habitants de la région pour l’hébergement des aviateurs, entre autres par  les famille Dassié et Lapeyre, par Kattalin Aguirre et Gracie Ladouce.

 

Très vite la Gestapo se doute de l’activité de Dédée et se présente chez ses parents à Bruxelles qui sont interrogés longuement à son sujet.  La prudence lui commande donc de ne plus s’y rendre et elle s’installe à Paris, d’où elle assurera dorénavant les départs pour les Pyrénées et l’accompagnement des aviateurs lors du passage de la montagne. Pour ce faire, elle découvre Florentino, un guide basque exceptionnel pour lequel les Pyrénées n’ont pas de secret ; avec lui, elle franchira ces montagnes plus d’une trentaine de fois.

 

Son père, Frédéric (Paul) De Jongh, la remplace à Bruxelles où il est aidé par Henri Michelli ; mais la Gestapo le repère et il doit bientôt se mettre à l’abri ; le 30 avril 1942 il part à son tour pour Paris et, le 6 mai, Henri Michelli ainsi qu’un grand nombre de membres de la Ligne sont arrêtés.  C’est un coup terrible, la Ligne semble détruite, le contact avec Paris et Dédée est rompu.

 

Mais la relève arrive en la personne du Baron Jean Greindl (connu sous le pseudonyme de Nemo) qui s’offre, dès le 8 mai 1942,  à reprendre la direction de l’activité en Belgique.  Avec l’aide de la sœur de Dédée, il parvient, non sans peine, à renouer le contact avec Paris.  Il recrute des volontaires, guides et hébergeurs, et sur cette base tout à fait nouvelle il forme un réseau couvrant tout le territoire belge en organisant des centres à Gand, Namur, Liège et Hasselt, centres qui dépendent directement du bureau du Chef à Bruxelles.  A ces centres s’adressent les échelons régionaux dont dépendent des agents locaux.  Ce dispositif, soigneusement cloisonné pour des raisons de sécurité,  permet une information très rapide de l’endroit où se cachent un ou des aviateurs qui sont alors amenés à Bruxelles par étapes.

 

L’efficacité de ce système est prouvé par le nombre d’aviateurs sauvés : 70 en dix mois.  Une vingtaine de Belges, deux soldats russes et un pianiste d’origine juive s’échapperont aussi par la Ligne à cette époque. En novembre, deux Allemands se faisant astucieusement passer pour des aviateurs américains (on n’en avait encore jamais vus) s’infiltrent dans la Ligne ; ils sont la cause de multiples arrestations et du départ forcé, pour l’Angleterre,  de certains membres, trop compromis.

 

Le travail continue toutefois mais, devant ce désastre, Nemo se pose la question de savoir si cette  activité est vraiment efficace, si elle rend aux Alliés des services qui justifient les risques graves que courent les civils qui l’accomplissent.  Pour le savoir il fait parvenir un message aux Anglais par les membres du réseau envoyés à Londres.  La réponse arrive en janvier 1943 par le canal de Dédée : « Ce travail est d’une importance immense pour le moral de toute la R.A.F. ; il faut continuer et même l’intensifier » lui dit-elle. Ce qui sera fait.

 

Le 15 janvier 1943, Dédée est arrêtée alors qu’elle s’apprête à traverser les Pyrénées avec un groupe d’aviateurs.  Elle connaîtra diverses prisons avant d’aboutir successivement dans les camps de concentration de Ravensbrück et de Mauthausen.

 

C’est Jean-François Nothomb (pseudonyme Franco) qui la remplacera dans le Sud où il se trouve déjà depuis un certain temps. C’est lui qui, dorénavant, organisera les passages des Pyrénées, les franchira avec les aviateurs et donnera au secteur de Paris les dates choisies pour chaque passage en accord avec les services du consulat anglais de Bilbao. Très peu de temps après, le 6 février 1943, Nemo est arrêté à son tour.  Les Allemands l’incarcèrent, en violation des règles du droit international, dans une caserne militaire occupée par des soldats allemands.  Il sera condamné à mort le 29 avril et mourra dans le bombardement américain de cette caserne  le 7 septembre 1943.

 

Un nouveau chef  pour la Belgique est découvert ; il s’agit du  Comte Antoine d’Ursel (pseudonyme Jacques Cartier), vétéran de la guerre de 1914-1918 et actif dans un réseau de renseignements qu’il abandonne pour s’engager dans la Ligne.  Très vite il est repéré et doit concentrer son activité sur l’Ardenne ; il tentera, en décembre 1943, de passer en Angleterre mais se noiera dans les flots glacés de la Bidassoa, le 23 décembre.  Il était secondé par Yvon Michiels (pseudonyme Jean Serment), comme lui déjà actif dans un autre réseau, qui prendra sa succession en Belgique, assisté par Jules Dricot (pseudonyme Deltour). 

 

Le 7 juin 1943, le père de Dédée est arrêté ainsi que plusieurs personnes ; incarcéré à Fresnes, il sera fusillé au Mont Valérien le 28 mars 1944.

 

A la fin du mois de juin,  Londres envoie en France le comte Jacques le Grelle (pseudonyme Jérôme)  qui sera chargé de la direction du secteur de Paris, Franco demeurant toutefois le Chef des secteurs de Paris et du Sud, puisque la Ligne reste indépendante de toute autorité venant de Londres.


Durant l’été et l’automne 1943,  l’activité est intense ; les raids alliés sur l’Allemagne sont de plus en plus fréquents et les aviateurs affluent.  Jusqu’à la fin de l’année les passages se passent bien. L’année 1944 commence mal pour la Ligne. Jacques le Grelle est arrêté le 17 janvier, puis Franco l’est à son tour de même que plusieurs agents en France et en Belgique, dont Jules Dricot qui ne reviendra pas des camps allemands.  La Ligne est à nouveau détruite.

 

Grâce à Micheline Dumon (pseudonyme Michou), les contacts entre le nord et le sud seront toutefois rétablis et la Ligne reprendra vie mais sous une autre forme.  En effet, en ce printemps de 1944, le débarquement approche et il est décidé de rassembler les aviateurs dans des camps jusqu’à l’arrivée des troupes alliées. 

 

En Belgique, c’est Gaston Matthys et son équipe qui organiseront les camps dans les forêts ardennaises tandis qu’en France des camps seront créés dans les environs de Châteaudun.  C’est le Baron Jean  de Blommaert , parachuté d’Angleterre, qui les installera dans la forêt de Fréteval.  Ces camps abriteront plusieurs dizaines d’aviateurs américains et anglais.  Les camps situés en France seront libérés par les troupes alliées à la mi-août 1944 ; ceux de Belgique quelques semaines plus tard.

 

La Ligne Comète aura sauvé en tout environ 700 à 800 aviateurs alliés.

 

Mais plus de 200 membres de la Ligne paieront de leur vie cette aide apportée aux aviateurs alliés et un nombre élevé d’entre eux connaîtra l’horreur des prisons et camps de concentration allemands.

 

 

 

© Comète Kinship Belgium 2009